
- Qu’est-ce qu’une robe salopette Haute Couture ?
- Comment le look 22 a-t-il été imaginé ?
- Qu’est-ce qu’un body-polo en sequins nude à bords-côte ?
- Que sont les broderies de cristaux vintage ?
- Qui a porté ce look ?








Le look 22 de la collection First Misfits de la Maison Julien Fournié, maison de haute couture parisienne titulaire de l’appellation officielle Haute Couture depuis 2017, prend un vêtement de chantier et l’emmène au bal.
Le haut de la robe est construit comme une salopette de travail — bretelles, pattes, boucles à clip, croisement dans le dos — mais taillé en faille de soie noire sur un buste baleiné, et prolongé d’une jupe princesse brodée de vagues de cristaux vintage. Dessous, le T-shirt : un body-polo en sequins nude à bords-côte, brodé d’éclats noirs, fermé par un col en maille redskin.
Au cou, une broche ex-voto en jais, À la main, le sac Premier Arcadia en cuir grainé noir à clous canon de fusil.
La parole du couturier
Julien FourniéUn pirate ne possède rien : il prend. Un navire, un pavillon, un nom, un vêtement — et il en fait autre chose. C’est toute la collection First Misfits. Ce que ce look a pris, c’est le vêtement de travail. Pas l’idée du vêtement de travail, pas une allusion : la salopette elle-même, avec ses bretelles, ses pattes et ses boucles, et le T-shirt qu’on met dessous. Il ne restait plus qu’à l’emmener au bal.
La salopette. Elle est là tout entière. Les bretelles partent du haut du buste, se croisent dans le dos, et se referment sur le devant par deux boucles noires qui claquent exactement comme les attaches d’un bleu de chantier. En dessous, le buste est construit, baleiné, monté comme un corset — mais la découpe reste celle d’une bavette. Le vêtement de travail est un vêtement de mains : il est taillé pour qu’on puisse se baisser, porter, monter à une échelle. La Haute Couture est elle aussi un métier de mains. Je n’ai pas trouvé ça contradictoire une seconde.
Le T-shirt. Sous une salopette, il y a toujours un T-shirt. Celui-ci est un body-polo en tulle à sequins couleur nude, avec ses bords-côte au col et aux poignets — le bord-côte, c’est la signature du T-shirt, c’est ce qui fait qu’un col ne s’affaisse pas et qu’une manche tient sur l’avant-bras. Ici il est traité en Haute Couture : le col est en maille écrue rayée de noir, un col de teddy, ce que nous appelons un col redskin ; les poignets sont en bord-côte noir, serrés. Entre les deux, plus rien — ou plutôt un tulle qu’on ne voit plus à trois mètres et qui donne l’illusion de la peau nue.
Le ciel sur le T-shirt. Sur cette peau supposée, j’ai semé des éclats noirs : des étoiles, des astérisques, des perles de jais, serrés en haut des épaules et de plus en plus rares en descendant, comme un ciel qui se vide à l’approche de l’horizon. C’est le seul endroit du look où l’on triche. Tout le reste est franc : de l’étoffe, des coutures, des boucles.
Ce que la faille de soie change. Toute la bascule tient dans la matière. Une salopette se taille en toile de coton ; celle-ci est en faille de soie noire, une étoffe à grain côtelé, épaisse, mate, qui se tient debout toute seule et qui refuse la lumière. Le geste est le même, le vêtement ne l’est plus. C’est exactement ce que la Haute Couture sait faire et qu’aucune autre discipline ne peut faire : reprendre une forme populaire sans la caricaturer, et la reconstruire jusqu’à ce qu’elle devienne autre chose.
Le tuck signature. Au milieu du corsage court le tuck, le pli signature de la Maison. Un pli plat, cousu, qui descend du haut du buste et se prolonge dans la jupe en une bande lisse que la broderie n’atteint jamais. Il fait deux choses à la fois : il allonge, et il donne à l’œil un endroit où se poser. Une robe entièrement brodée n’a plus de silhouette, elle n’a plus qu’une surface. Le tuck est la colonne vertébrale de celle-ci.
La jupe de bal. Puis la salopette s’ouvre. Ampleur plein cercle, volume tenu par la faille elle-même, aucun jupon apparent. Sur ce noir, la broderie dessine des vagues : très denses à la ceinture, elles s’espacent en descendant jusqu’à disparaître avant l’ourlet. C’est le mouvement inverse de celui du T-shirt, et les deux se rejoignent à la taille, là où la femme est le plus étroite.
Les cristaux vintage. Ce ne sont pas des cristaux d’aujourd’hui. Nous travaillons des stocks anciens, des pierres taillées il y a des décennies et dormantes dans des tiroirs, dont on ne retrouve ni la couleur exacte ni le rendu. Elles n’ont pas l’éclat trop net du cristal contemporain : elles ont un gris, un fumé, une irrégularité. Deux pierres voisines ne renvoient pas la même lumière. C’est ce qui donne à ces vagues un aspect d’écume plutôt que de strass — et c’est aussi pourquoi cette robe ne sera jamais refaite à l’identique : quand le stock est fini, il est fini.
L’ex-voto. Au col, la broche. Un ex-voto est une offrande : ce qu’on accroche au mur d’une chapelle quand on a survécu. Les ports en sont pleins — plaques de marbre, maquettes de bateaux, cœurs d’argent laissés là par des marins revenus d’une tempête qu’ils n’auraient pas dû traverser. Celle-ci est en jais, cette pierre noire dont on dit depuis toujours qu’elle absorbe ce qui est mauvais, sertie en étoile autour d’un cabochon. C’est la seule pièce du look qui ne serve à rien, et c’est la plus importante.
Arcadia. Reste le sac. L’Arcadia, cuir grainé noir, clous canon de fusil, chaîne. L’Arcadie est la terre idéale, celle qu’on n’atteint pas. J’aime qu’un sac de Haute Couture porte ce nom-là et qu’il soit, dans la main, la pièce la plus dure du look. Du cuir grainé, du métal sombre, rien de tendre. On ne part pas en Arcadie sans armure.
Le nom. Je l’appelle la Salopette Grand Soir. En français, le grand soir est deux choses à la fois : la soirée où l’on sort la plus belle robe, et le soir où tout bascule — celui dont parlaient ceux qui portaient la vraie salopette. Cette robe tient les deux bouts. Elle est faite pour un gala, et elle est faite du vêtement de ceux qui n’y étaient pas invités.
Les secrets de la Robe Salopette Haute Couture
Qu’est-ce qu’une robe salopette en Haute Couture ?
Une robe dont le corsage reprend la construction exacte d’une salopette de travail — bavette, bretelles croisées dans le dos, pattes et boucles à clip — mais taillée dans une étoffe de couture et montée sur un buste baleiné. Ici, la faille de soie noire et le corset transforment le vêtement de chantier en corsage de robe du soir, prolongé par une jupe princesse d’ampleur plein cercle.
Comment la robe salopette haute couture a-t-elle été imaginé ?
En prenant le vestiaire du travail au pied de la lettre : la salopette et le T-shirt qu’on porte dessous, l’un et l’autre reconstruits en Haute Couture. La collection First Misfits est une collection de pirates ; ce look est celui où la prise se voit le plus. Son nom joue sur le double sens du grand soir — la soirée de gala et le soir où tout bascule.
Qu’est-ce qu’un body-polo en sequins nude à bords-côte ?
Le T-shirt du look. Un body à manches longues monté sur un tulle à sequins couleur chair qui donne l’illusion de la peau nue à distance, brodé d’éclats noirs — étoiles, astérisques, perles de jais — en dégradé du col vers l’ourlet. Comme un T-shirt, il est fini par des bords-côte : col en maille écrue rayée de noir dit col redskin, poignets en bord-côte noir serrés sur l’avant-bras.
Que sont les broderies de cristaux vintage ?
Des broderies réalisées à partir de stocks de cristaux anciens, non reproductibles : la taille, la teinte et l’irrégularité de ces pierres n’existent plus dans la production contemporaine. Posées en vagues de plus en plus espacées de la taille vers l’ourlet, elles produisent un effet d’écume plutôt que de scintillement. Broderies exécutées par la maison Amman. Durée totale de fabrication : [À CONFIRMER].
Qui a porté la Salopette Grand Soir ?
Sur le podium, [À CONFIRMER : nom du mannequin], lors du défilé de la collection Haute Couture First Misfits à Paris. En publication, Arielle Dombasle dans le numéro de mai 2026 d’Arabian Moda, et l’actrice Guan Xiaotong 关晓彤 dans Grazia.
À quelle collection appartient-elle ?
À la collection Haute Couture First Misfits de la Maison Julien Fournié, maison parisienne titulaire de l’appellation officielle Haute Couture depuis 2017, label protégé par le ministère français de l’Industrie sur avis de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, et réservé à une douzaine de maisons dans le monde.
A propos de Julien Fournié Haute Couture
La Maison Julien Fournié est plus qu’une marque de mode, c’est une expérience de luxe qui transcende les tendances et les saisons. Avec son engagement pour l’excellence et l’innovation, Julien Fournié continue de redéfinir le monde de l’ultra-luxe.
Fondée en 2009, la Maison Julien Fournié incarne l’excellence et l’audace d’une haute couture contemporaine, enracinée dans la tradition parisienne.
Son histoire s’égrène au fil de collections dévoilées deux fois par an, en janvier et juillet, lors de la Semaine de la Haute Couture à Paris, révélant une vision singulière et novatrice du vêtement d’exception.
Dès sa première collection, le jeune créateur reçoit le Grand Prix de la Créativité décerné par la Ville de Paris en janvier 2010, consacrant son talent naissant.
En janvier 2011, à l’occasion de sa quatrième collection, Julien Fournié est nommé « membre invité » du calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode — une reconnaissance précoce qui le place parmi les maisons les plus prometteuses du cercle restreint des grands couturiers.
En janvier 2017, la Maison Julien Fournié accède au statut officiel de « Haute Couture », un label protégé par le Ministère français de l’Industrie et réservé à une poignée de maisons prestigieuses.
En avril 2023, la première rétrospective consacrée à l’œuvre de Julien Fournié est présentée à la SCAD Lacoste, sous le titre évocateur « Haute Couture, un point c’est tout », saluant une décennie de création visionnaire.
Fidèle à l’esprit de la Haute Couture tout en embrassant les innovations de son temps, Julien Fournié initie des collaborations audacieuses avec des géants de la technologie tels qu’Apple et Tencent. Il imagine un nouveau processus créatif où les clientes ne sont plus simples spectatrices, mais deviennent les co-créatrices d’une expérience couture immersive, quel que soit leur lieu de vie.
Depuis décembre 2020, la Maison propose une ligne de sacs et d’accessoires de luxe. Initialement réservés aux défilés et aux clientes privilégiées, ces pièces emblématiques sont désormais accessibles à une clientèle en quête de distinction et de rareté.
Titulaire de l’appellation officielle Haute Couture depuis 2017, la Maison habille régulièrement célébrités et personnalités sur les tapis rouges.









